Le Crédit Agricole de Lorraine condamné pour des prêts toxiques en francs suisses

Dépêche AFP

Le Crédit agricole de Lorraine (CAL) a été condamné le jeudi 20 novembre 2014 par le Tribunal de Grande Instance de Metz pour démarchage illicite et irrégularités dans une affaire d'emprunts immobiliers en francs suisses mais remboursables en euros, qui se sont avérés ruineux pour plusieurs dizaines d'investisseurs. « A ma connaissance cette décision condamne pour la première fois une banque française pour des crédits structurés en monnaie étrangère, c'est une grande victoire », s'est félicité l'avocat des plaignants, Me Arnaud Métayer-Mathieu, interrogé par l'AFP.

Une quarantaine d'investisseurs, des personnes aisées attirées par des promesses de défiscalisation, avaient vu la valeur de leurs prêts, souscrits auprès du CAL avant 2010, et des intérêts afférents exploser quand la monnaie helvétique s'était appréciée de plus de 30% par rapport à l'euro durant la crise financière.

Ils avaient porté plainte en 2012 contre le CAL pour « démarchage illicite », arguant que la banque avait eu recours à des intermédiaires pour diffuser ces prêts. Ils accusaient aussi la banque de ne pas les avoir suffisamment informés sur les risques financiers encourus.

La chambre civile du tribunal de Metz a prononcé la nullité de la plupart des 12 prêts examinés, estimant qu'ils avaient fait l'objet d'un démarchage illicite.

Dans d'autres dossiers, elle a ordonné des dommages-intérêts partiels pour des irrégularités comme le défaut d'information. « La nullité a pour conséquence de laisser à la charge de la banque la perte de change et les intérêts conventionnels, l'emprunteur n'ayant plus qu'à rembourser le seul capital emprunté d'origine en euro, comme un prêt à taux zéro », a expliqué Me Arnaud Métayer-Mathieu.

D'autres audiences sont prévues ultérieurement pour près d'une trentaine de dossiers restants mais « les moyens étant les mêmes, on peut subodorer que ce seront les mêmes décisions qui seront rendues », selon Me Arnaud Métayer-Mathieu.

Source: Dépêche AFP